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ALEVTINA IOFFE – Interview

Invitée par Insula orchestra à La Seine Musicale dans le cadre du concert Tchaïkovski, aux côtés de Timothy Chooi et du Prague Radio Symphony Orchestra, la cheffe d’orchestre Alevtina Ioffe nous accorde une interview et partage son regard sur ce programme, ses affinités musicales et son approche du travail orchestral.

"[Les œuvres d']Antonín Dvořák et Piotr Tchaïkovski créent des contrastes saisissants (...) unifiés par un même sentiment de joie et de lumière intérieure. C’est précisément cette étincelle positive qui rend ce programme particulièrement séduisant à mes yeux."

Avez-vous un moment préféré dans ce programme, et si oui, qu’est-ce qui le rend particulièrement significatif pour vous ?

Ce programme est constitué en grande partie de chefs-d’œuvre du répertoire musical, ce qui rend difficile le fait d’en isoler une œuvre en particulier : j’éprouve un réel plaisir à interpréter chacune des pièces présentées dans ce concert. Ce qui est tout aussi important, c’est que le programme, dans son ensemble, s’est révélé remarquablement lumineux et positif, presque entièrement dépourvu de conflit dramatique.

L’intonation chantante et lyrique d’Antonín Dvořák et le caractère vif et dansant du Concerto pour violon de Piotr Tchaïkovski créent des contrastes saisissants qui sont néanmoins unifiés par un même sentiment de joie et de lumière intérieure.

C’est précisément cette étincelle positive qui rend ce programme particulièrement séduisant à mes yeux.

Ce programme réunit des œuvres russes et tchèques, interprétées par un orchestre tchèque. Que représente aujourd’hui pour vous la tradition musicale slave et centre-européenne ?

La musique centre-européenne est étroitement liée à la tradition russe dans sa manière même de penser la musique : ici, la forme naît du chant populaire vivant, avec sa respiration libre et l’asymétrie de ses inflexions proches de la parole. Les traditions centre-européenne et russe sont ainsi plus profondément reliées aux notions d’humanité, d’énergie vitale et de chaleur, contrairement, par exemple, au pathos tragico-métaphysique du romantisme allemand.

Ce n’est pas un hasard si Piotr Ilitch Tchaïkovski et Antonín Dvořák tenaient l’œuvre l’un de l’autre en si haute estime : ils y reconnaissaient un langage spirituel et artistique apparenté. Interpréter cette musique avec un orchestre tchèque lui confère une authenticité particulière, car elle est vécue comme une expression de l’identité nationale et de la fierté culturelle. La présenter à Paris, c’est inviter le public européen à entrer dans un dialogue vivant entre les cultures, fondé non sur l’opposition, mais sur une affinité intérieure.

Qu’appréciez-vous le plus dans le fait de travailler avec différents orchestres à travers l’Europe ?

J’aime travailler avec différents orchestres parce que chacun d’eux entend et organise le temps musical à sa manière. Travailler avec un orchestre est un dialogue vivant par la musique — un échange d’énergie et la joie de faire de la musique ensemble. L’interprétation ne naît pas comme un concept tout fait, mais émerge à travers un processus d’identification et de dialogue avec un ensemble précis — avec son son, ses réactions et ses traditions.

Un sentiment d’accomplissement particulier apparaît au moment où nous commençons à respirer ensemble, et où l’orchestre, tel un organisme vivant unique, se rassemble dans un même espace, acquérant une pulsation et une direction communes. C’est toujours une expérience vivante.

Avec le recul sur votre carrière, quelles compétences ou qualités personnelles se sont révélées les plus essentielles pour s’inscrire durablement dans le métier de chef d’orchestre ?

Avec le temps, il apparaît que les qualités de leadership et de diplomatie sont particulièrement importantes pour un chef d’orchestre. Il ne s’agit pas d’une autorité extérieure, mais de la capacité à instaurer la confiance, à percevoir le collectif et à le guider avec finesse.

La capacité d’anticipation est tout aussi essentielle — entendre le résultat avant qu’il ne sonne, sentir le développement du processus et l’orienter. Enfin, l’énergie est cruciale : la faculté de la rassembler, de la transmettre et de la distribuer de telle sorte que la musique ne perde pas son élan vital. C’est précisément la combinaison de ces qualités qui permet à cette profession de se développer de manière vivante et durable dans le temps.

Propos recueillis par Blandine Chevestrier

L’orchestre résident à La Seine Musicale

Insula orchestra
La Seine Musicale
1 île Seguin - 92100 Boulogne-Billancourt
public@insulaorchestra.fr

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