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Interview de Mihael Milunović

Interview du plasticien Mihael Milunović au sujet de sa collaboration avec Carlus Padrissa et La Fura dels Baus pour la mise en scène du projet "Pastoral for the planet".

Mihael Milunović

Le spectacle « Pastoral for the planet » évoque notre rapport à la Nature et à l’écologie, à travers notamment la Symphonie n° 6 « Pastorale » de Beethoven. Quel univers graphique avez-vous imaginé avec La Fura dels Baus pour aborder ce thème ?
 
Beethoven a complété sa Symphonie n° 6 en 1808, en plein milieu de la révolution industrielle. C’était le début d’un processus qui s’achève aujourd’hui avec un dérèglement climatique, le monde naturel est dévasté et en péril. Paradoxalement, l’émerveillement romantique devant la nature est présent dans le travail de Beethoven mais aussi de ses contemporains, notamment les peintres Caspar David Friedrich, John Constable, William Blake et les écrivains Lord Byron, Gérard de Nerval et Alfred de Vigny. Leur foi en la bonté humaine et à sa sensibilité, leur admiration des forces et des formes naturelles ne sont aujourd’hui plus en vogue.
J’ai réfléchi à la position de l’homme, mais aussi du créateur et de l’artiste, dans le contexte actuel, ce drame planétaire sans équivoque dont nous sommes tous témoins. Sur scène, le point central visuel est un arbre, symbolique. Un arbre – axe de monde, totem, un arbre anthropomorphe, arbre martyr. Arbre aussi qui personnifie Prométhée, le porteur de feu, de la connaissance à l’humanité. La verticalité de la forêt est le principe même de tout vie sur Terre.
Mes dessins réalisés pour la mise en scène de la Pastorale ont une trame de dessin classique au crayon, qui rappelle les carnets des explorateurs, leurs carnets des notes, leurs journaux, et ils portent certainement ce brin de mémoire, cette intimité profonde propre aux souvenirs.

Avez-vous déjà travaillé sur cette thématique écologique, est-ce un thème qui vous tient à cœur ?
 
J’avais déjà abordé cette thématique dans le passé, et je suis très sensible à ce propos. Le monde végétal habite très souvent mes œuvres.
 
 
Pouvez-vous nous expliquer comment vos créations s’animeront dans la mise en scène de Carlus Padrissa – La Fura dels Baus ?
 
L’arbre se transforme et raconte une histoire visuellement complexe. Mes dessins représentent ce que je considère comme les symboles référentiels du monde – le monde du passé, du présent et du futur –, un codage qui relie nos espérances mais aussi nos angoisses. Ils sont projetés sur la scène et le fond de scène, par une succession d’animations : des ouragans de particules, d’objets et d’êtres, mais aussi des images de destruction, de guerre, d’exil des populations, le déluge, la renaissance d’un monde qui n’est désormais plus qu’un désert, la germination, les cycles de la vie…
Je suis très content de pouvoir travailler avec un extraordinaire directeur comme Carlus Padrissa, et d’échanger artistiquement et humainement avec un génie créatif pour qui l’impossible est toujours possible !

Dessin de Mihael Milunović pour Pastoral for the planet

Enfin, s’il ne fallait retenir qu’un message à la sortie de ce spectacle, quel serait-il ?
 
Avoir l’espoir – prendre conscience – et agir pour la planète et pour l’humanité avec empathie.

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